Cadre juridique
Cadre fiscal
 
  Cadre fiscal  
 

1) la fiscalité liée à l’acquisition des parts sur le marché
2) la fiscalité des revenus ou dividendes versés
3) la fiscalité des cessions de parts de SCPI




Etant réputée ne pas avoir de personnalité distincte de celle de ses membres, la SCPI n’est pas soumise à l’impôt sur les sociétés ; à charge pour ses associés de s’acquitter de l’impôt en fonction de leur propre régime fiscal : c’est le principe de la translucidité fiscale.


Dans la fiscalité des parts de SCPI, il convient de distinguer :

1) la fiscalité liée à l’acquisition des parts sur le marché

S'agissant d’immobilier, toute cession de parts entre un associé et un acquéreur donne lieu au versement d’un droit d’enregistrement au taux actuel de 4,80%.


2) la fiscalité des revenus ou dividendes versés

En fonction de leur niveau de souscription au capital de la SCPI, les associés personnes physiques perçoivent deux types de revenus :

- les revenus fonciers correspondant aux revenus locatifs de la gestion du patrimoine immobilier de la SCPI et pris en compte pour le calcul de l’impôt sur le revenu de chaque associé.

La loi autorise chaque associé à opérer une déduction forfaitaire sur ces revenus au taux commun de 14%. En outre, les associés sont autorisés à déduire de leurs revenus fonciers le montant des intérêts d’emprunt éventuellement contractés pour l’acquisition de parts sociales, sans limite de temps ou de durée. Enfin, l’éventuel déficit foncier résultant de dépenses déductibles du revenu foncier mais autres que les intérêts d’emprunt peut être déduit du revenu global de l’associé dans une limite de 10.700 €. Au-delà de cette limite, la fraction du déficit supérieure ainsi que celle correspondant aux intérêts d’emprunt ne sont reportables que sur les revenus fonciers des dix années suivantes.

- les revenus financiers distribués aux associés, dont la proportion est très réduite et qui proviennent de la gestion financière par la société de gestion de la trésorerie (placements de certificats de dépôts négociables ou sur des comptes à terme). Cette trésorerie a pour origine le décalage entre la date de perception des loyers et celle du paiement des charges et provisions en attente : dépôt de garantie des locataires, réserves pour travaux etc.

L'associé, qui doit déclarer ce montant au titre des revenus de capitaux mobiliers, peut bénéficier du prélèvement libératoire lorsque le mode de placement le permet ou de l’abattement sur les revenus de capitaux mobiliers. La loi de finances pour 2004 a porté ce montant de prélèvement libératoire de 25 à 26% (prélèvements sociaux inclus).


3) la fiscalité des plus-values


La loi de finances pour 2004 a considérablement modifié le traitement fiscal des plus-values immobilières réalisées par les personnes relevant du régime des plus-values des particuliers (c’est-à-dire les personnes physiques détenant des parts de SCPI dans leur patrimoine privé et qui sont largement majoritaires parmi les associés de SCPI).

Le régime existant pour les cessions intervenant avant la fin 2003 datait de 1976. Désormais, c’est le principe de « retenue à la source » qui s’applique avec le prélèvement d’un impôt proportionnel au montant de la plus-value et indépendant du taux d’imposition du contribuable.

Le nouveau régime s’applique aux ventes intervenues à compter du 1er janvier 2004 et concerne la plus-value constatée lorsque :

- un immeuble est cédé par la SCPI : la société de gestion indique au notaire chargé de la vente la répartition du nombre de parts détenues par chaque catégorie fiscale d’associés de la SCPI (résident en France ou à l’étranger, personne physique ou morale, détention à titre privé ou professionnel, association etc.) présents au jour de la cession. Le notaire peut alors déterminer la quote-part d’impôt due par chaque catégorie d’associés en fonction de la réglementation
en vigueur ;

- des parts sont cédées par un associé à la suite d’une confrontation : la société de gestion de la SCPI est mandatée par les parties à la transaction pour déterminer la plus-value (sur la base des informations fournies par le vendeur) et accomplir les formalités de versement de l’impôt et d’enregistrement de la cession.

Il importe de rappeler que le contribuable demeure responsable, tant pour les SCPI à capital fixe que pour les SCPI à capital variable (voir « Comment choisir ? »), quant à la sincérité des informations transmises à l’administration fiscale et nécessaires au calcul de la plus-value (régime fiscal dont relève l’associé, date d’acquisition des parts etc.) et de l’impôt y afférent.

Le tableau suivant reprend les différences existant entre l’ancien et le nouveau régime intéressant les associés personnes physiques de SCPI (relevant du régime de taxation des plus-values des particuliers).

Régime fiscal
jusqu’en 2003
à compter de 2004
Principales Exonérations
Seuil de cession 4.600 € par an 15.000 € par opération (pour les
ventes d’immeuble uniquement)
Au-delà d’une durée de
détention de :
22 ans (5% d’abattement
par an au-delà de la 2ème
année de détention)
15 ans (10% d’abattement par an
au-delà de la 5ème année de
détention)
Patrimoine immobilier du
cédant
< 61.000 € supprimé
Détermination de la plus-value
• Détermination du prix d’acquisition
- coefficient d’érosion
monétaire
oui supprimé
- frais d’acquisition à titre
onéreux
Frais réels ou montant
forfaitaire de 10%
Frais réels ou montant forfaitaire
de 7,5%
- travaux oui oui (si réalisés par une entreprise).
Frais réels sur justificatifs ou 15% du prix d’acquisition au-delà de
5 années de détention
• Abattements
- pour durée de détention 5% d’abattement par an à
compter de la 2ème année
de détention
10% d’abattement par an à
compter de la 5ème année de
détention
- général 915 € par an et par foyer
fiscal
1.000 € par opération pour la SCPI dans son ensemble lors d’une
cession d’immeuble et par
associé lors d’une cession de
parts
Obligation déclarative année suivant celle de la
cession par l’associé lui-
même
dans le délai prévu après la date
de cession (2 mois pour les
immeubles par le notaire, 1 mois
pour les parts par la société de
gestion au nom et pour le compte
des parties à la transaction)
Modèle de déclaration 2049 annexé à la 2042 nouveaux formulaires : 2048 IMM
pour les cessions d’immeuble et
2048M pour les cessions de parts
Modalités d’imposition en fonction de la tranche
marginale d’imposition
prélèvement de 16% (+10%
d’impôts sociaux pour les
résidents). Modalités particulières pour les associés non résidents
fiscaux

 

Par ailleurs, cette même loi de finances pour 2004 a étendu le bénéfice du régime du
« micro foncier » sous conditions aux porteurs de parts de SCPI pour leurs revenus tirés à compter de l’exercice 2003.

Ces conditions sont :

- le montant des recettes brutes annuelles doit être inférieur à 15.000 € ;

- l’associé doit être également détenteur d’un bien immobilier dont il tire des revenus fonciers par une location nue ;

- il ne doit pas être détenteur d’un bien immobilier ou de parts de SCPI dans le cadre d’un dispositif fiscal spécifique (lois Malraux, Besson, Périssol, Robien, Paul, Girardin, Demessine, régime du loueur en meublé professionnel – LMP – ou non professionnel – LMNP).

Ainsi, l’associé pourra bénéficier d’un abattement forfaitaire de 40% sur l’ensemble des revenus fonciers sauf s’il considère que le montant total des charges déductibles auxquelles il doit faire face dépasse ce ratio. Il lui sera alors préférable d’opter pour le régime des frais réels. Le régime du
« micro foncier » dispense le contribuable d’établir une déclaration spécifique de revenus fonciers. Il lui suffit d’ajouter le montant de ceux-ci, avant application d’un abattement de 40%, sur sa déclaration générale des revenus.

L’option choisie (frais réels ou « micro foncier ») s’exerce pour une durée irrévocable de trois ans.

 

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